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lundi, 26 février 2007

Jour J + 3 : Le barrage de Diama (Première partie)

La nuit à l’hôtel nous a permis de récupérer celle de la veille. Celle du désert.
Programme de de la journée : la visite du barrage de Diama. Le trajet n’est pas trop long. Mais la chaleur est là. Étouffante.


Ma mère s’inquiète. Elle a choisi cette visite au dépend de celle du parc de Djoudj.

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Voir un barrage plutôt que le troisième parc ornithologique du monde !!! 12000 ha. 3 millions d’oiseaux. 400 espèces.

Elle a raison de s’inquiéter !
D’autant plus que Mamadou ne le connaît pas. ! C’est la première fois que des touristes lui font cette demande !


Nous sommes arrivés. Un poste frontière. La Mauritanie est de l’autre coté du fleuve !
Des Sénégalais. Des Mauritaniens. Des touristes. Tous à l’ombre. A attendre que le policier soit disponible. Nous entendons des bribes de conversation. Sans rien y comprendre. L’attente dure. Mamadou ose frapper à la porte. Il la referme.

« Il faut attendre. »

« Attendre pourquoi ? On veut juste visiter le barrage. Pas franchir la frontière ! »

« Ici, il faut toujours demander l’autorisation. Pour tout. »


Trois quarts d’heure passent !
Nous obtenons le droit de nous promener sur le barrage. Nous avançons et franchissons l’écluse. Le soleil nous plombe.

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« Le barrage de Diama est un barrage mobile. En période de crue, il s’ouvre pour assurer l'écoulement normal du fleuve et en période d'étiage il se ferme pour empêcher la remontée de des eaux salines. Une écluse de navigation permet le passage des bateaux. Il en passe un toutes les semaines. »



P.....
C’est que nous sommes chanceuses...
en voila un qui arrive !

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Je m’assoie sur une bordure cimentée. Des mauritaniens m’entourent. Ils ne sont pas là en visite. Ils souhaitent aller travailler. Vendre leurs produits. Voir de la famille. (Beaucoup de Sénégalais vivent en Mauritanie).

Le pont se lève. Ma mère mitraille. Il faut dire que c’est elle qui a voulu venir !! Il lui faut rentabiliser le trajet !

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Je regarde le bateau avancer.

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Doucement.




Des gens affluent sur les coursives extérieures. Ils photographient. Ils nous mitraillent. Ils se font des souvenirs.

Je vais être dans leurs albums photos... ? [Regardez, des mauritaniens que nous avons photographiés au barrage de Diama.]


Que nenni ! Au milieu il y a moi. Française. Quelque peu typée, il est vrai. Touriste. Tout comme vous !

C’est à ce moment que je comprends ce que ça veut dire que de se faire prendre en photo par le toubab fortuné qui vient en vacances. Je me sens animal de foire. Monstre de fête foraine.

J’hésite à leur faire coucou.
Je fais bien d’hésiter.
Personne n’agite sa main.
Personne ne les regarde.
Il n’y a que moi.


Ceux qui m’entourent parlent de tout et de rien.
Enfin je le suppose...

Je ne comprends pas leur langue !

samedi, 24 février 2007

Jour J + 2 : Visite de Saint-Louis (Quatrième partie)

Nous quittons Guet N’Dar.
En franchissant le petit bras de mer, nous sommes ralentis. Des moutons. A droite. A gauche. Ils freinent la circulation.

« Il y a beaucoup de moutons car il y a bientôt une fête religieuse : La Tabaski. Cette fête elle est appelée l’Aïd el Kébir chez les arabes. »

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Sur l’île, la place Faidherbe. Nous la contournons. La statue est dans l’ombre. Celle d’un palmier rouge.

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Factice.








Plus loin, la cathédrale. Beaucoup de travaux à faire.

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Je vais rarement à la messe en France. Excepté pour faire la fête. Aux mariages. Ou bien aux enterrements. Quand j’ai besoin de croire. Croire que nous sommes autre chose. Forcément mieux. Ailleurs qu’ici. Là, aujourd’hui je ne dis pas non à une homélie. J’imagine des chants. Du gospel. Des notes et de claquements de mains. J’ai envie de ferveur. Celle de la foi. Celle de l’amour. Je ne dis rien. Peur du ridicule. Nous poursuivons notre route. Je laisse derrière nous les chœurs.



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« Ceci est l’ancienne maison des impôts. Mais avant ça, cette maison appartenait à une congrégation religieuse. »




Je m’engage sous le porche. Des voix. D’enfants. De femmes. Je recule. Cachée par les murs. Je n’ai rien à donner en échange d’une photo. Ni stylo. Ni bonbons. Juste ma curiosité.
Il est beau. Certes. Mais ce n’est qu’une architecture sans vie. Elle se déroule à l’étage. Bruyante.


Nous repartons. Le soleil se couche. Sur la langue. Les palmiers.

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Sur les chèvres.

jeudi, 22 février 2007

Jour J + 2 : Visite de Saint-Louis (Troisième partie)

Au quartier des pêcheurs, il y a ... des pêcheurs ... !
Ils partent en mer sur des pirogues. Embarcations colorées. Embarcations de fortune.

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Le poisson, sorti de l’eau est mis à sécher. Sur des tôles, entre la route et la mer.
Des tôles alignées sans fin.
Au sol, des nasses. Noires d’usage. Imprégnées d’odeurs.

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Nous les respirons durant tout le trajet.

« Ça ne sent pas trop le poisson ici. Je me souviens quand je suis venue la première fois, nous étions allées sur le port. L’odeur y était intenable. Les mouches volaient partout. Nous avions l’impression d’en avoir plein les cheveux... »


Nous arrivons à une place, une esplanade. Face à l’océan atlantique. Plein de camions garés. Au travers, je vois la mer. Des pirogues en piteux état.

« C’est de là que partent ceux qui fuient le sénégal. Ils se cachent dans ou sous les camions et attendent la nuit. S’ils ne meurent pas en mer, on les ramène à une centaine de kilomètres d’ici avec 10000 Francs CFA. Ils reviennent et recommencent. »

Je ne comprends pas comment certains réussissent :
Les pirogues sont poreuses.
La coque est fissurée.
La proue souvent absente.
Il y a de la place pour 20. Ils partent à 40, 50.



C'est l'homme qui part.
Avec l’argent gagné par sa femme.
Sa mère.
Sa sœur.

Je ne sais pas si je l'admire ou si je lui en veux.
Avoir la quasi-certitude d’échouer. Être arrêté. Être ramené. Mourir. Mais tenter tout de même la chance.

Laisser la femme se battre. Pour la famille. Ceux qui restent.
Laisser la femme se battre. Pour son pays. Pour l'enfant, trop petit encore, pour prendre une telle décision.


Baisser les bras au lieu de l'aider.
Au lieu de la soulager d’une partie de sa charge.
Au lieu de se battre à ses cotés.
Au lieu de prendre le temps pour réussir à changer les choses.

Ensemble.

mardi, 20 février 2007

Jour J + 2 : Visite de Saint-Louis (Deuxième partie)

Nous sommes le long du fleuve Sénégal.

« A notre gauche, le début de la langue de Barbarie, à droite, sa partie la plus étroite. Les arbres sont au niveau de la frontière avec la Mauritanie. Là-bas, le pont Faidherbe. Nous allons le prendre pour aller dans le quartier des pêcheurs. Le quartier Guet N’dar »

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« Ce pont devait enjamber le danube. Il est arrivé ici par erreur. Une erreur de parcours. Il est composé de sept travées en arche. La deuxième à partir de l'île pivote afin de laisser passer les navires. »

Un peu surprenant que la taille de ce pont s’adapte aussi bien entre l’île Saint-Louis et le continent. Les Dieux ? Les gris-gris ? La magie fait bien les choses ! Cette histoire racontée par Mamadou est farfelue. Mais nous prenons plaisir à y croire.

« Non, c’est pas vrai. Se tromper autant ! C’est dingue. C’en est même ballot ! »

Nous sommes sur le pont.


« Nous allons franchir un petit bras de mer et nous serons dans le quartier des pêcheurs. Eviter de prendre des photos... ils n’apprécient pas. Ou, si vous le faites, faites le discrètement... »

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Sur la place, du monde. Sur les trottoirs. Sur la route. Des attroupements, par-ci, par-là. La faune des couloirs du métro parisien aux heures de pointe.

Ma mère range son appareil dans son sac. Je glisse le mien sous ma cuisse.

Le cheval progresse dans une petite rue. Etroite. Sableuse. Envahie. Des enfants. Partout. Courant aux coté de la carriole. Adossés aux maisons. Dans des bassines d’eau, recouverts de savon. Courant après je ne sais quoi ? Des fils électriques s’entremêlent au-dessus de nos têtes. Des femmes. Port de tête altier. Elles portent des bidons d’eau. De riz. De poissons.

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Je n’ose prendre plein des photos. Pourtant, je voudrais figer ne serait-ce qu’un fragment de mes émotions.
C’est sale ? Oui.
C’est bruyant ? Oui.
C’est angoissant ? Oui.

Mais les sourires. Les yeux qui pétillent. Les mélodies des échanges et des rires. Les couleurs démentent ma réaction.
Réaction épidermique.
Primitive qui me donne envie de fuir.

Ils sont heureux. Ils ne jouent pas à l’être pour nous. Ils nous ignorent. Ils ne nous voient pas.
Ils ont peu.
Très peu.
Ils se contentent de cela.
Ils en profitent.
Pleinement.


Promis !

A mon retour je cesse de me plaindre.
Je cesse de geindre.
Je cesse de m’apitoyer sur mon sort. Encore moin sur celui de mon voisin.


Je prends. J’en vis.

vendredi, 16 février 2007

Jour J + 2 : Visite de Saint-Louis (Première partie)

Le guide nous salue. Le cheval s’ébroue. Bande ses muscles et avance. Mamadou s’assoit aux cotés du conducteur. Il se retourne vers nous.

« La ville de Saint-Louis fut fondée en 1659, dans une île du fleuve Sénégal. Elle est la plus ancienne colonie française d'Afrique. Elle a été la capitale du Sénégal jusqu'en 1957 et de la Mauritanie de 1920 à 1960. C’est, aujourd'hui, la cinquième ville du Sénégal. C’est aussi une ville universitaire. Nous verrons au retour l'Université Gaston Berger. C'était la "Venise africaine". Elle a été un secteur sauvegardé par le Président Léopold-Sédar Senghor et classée patrimoine mondial de l'humanité en 2000. Il y a beaucoup de maisons, typiques de l'époque coloniale. Des façades de chaux. Des balcons en bois. Des balustrades en fer forgé. Il y a aussi une communauté de pêcheurs. Une des plus importantes de l'Afrique de l'Ouest. Leur quartier s'appelle "Guet N'Dar". Il y a plus de 25 000 personnes qui y vivent. On va y passer tout à l'heure. Mais au... »

« Vous pouvez vous arrêter s’il vous plait ? »

« Oui... Pourquoi ? »

Mamadou regarde autour de lui. Pas de monuments ! Pas de prises de vues touristiques !

« Là ! Merci »

Je descends et prends la rue que nous venons de quitter. Je suis face à une école. Une grande cour de récréation. Vide. Pas d’élèves jouant à la marelle. A colin maillard. Pas de partie de foot endiablée.

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Juste... des chèvres !
A l’ombre d’un arbre. Couchées. Ou broutant quelques brins d’herbe.

Nous repartons.

« Je disais donc que Saint-Louis a perdu toute son importance au moment de l'indépendance au profit de Dakar. La ville est alors tombée en léthargie... Voici les façades typiques de Saint-Louis. »

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Nous sommes sur l’artère principale. Les façades sont effectivement belles. Mais les rues perpendiculaires semblent présenter un tout autre visage. Nous n’y allons pas.
Le cheval ne connaît que la ligne droite !

A un carrefour, une scène mondialement connue : un terrain vague accueille une partie de foot.
Un enfant à l’écart. Fol espoir d’être convié.
Trop petit.
Trop timide.
Trop beau.

Je craque.

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Clic l'enfant.






« Regardez devant. Une mosquée. Dites moi ce qu’elle a de particulier ! »

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« Vas-y Nathalie. Moi je le sais déjà. »

Ben c’est une église... Pourquoi il a dit une mosquée ??
Elle est blanche. Elle a un clocher. Des réparations à faire. Il y a un haut parleur sur le coté.
Qu’est-ce que je dois répondre ?

« J’en sais rien. »

« Marie-France ? »

« Elle a un clocher dans son minaret. »

« Très bien. C'est ça. Marie-France : 1. Nathalie : 0. »

Pffff c’est normal qu’elle trouve. Elle est déjà venue ! C’est de la triche ! Posez une question dont elle ne connaît pas déjà la réponse. Et là, je gagne ! Bouh... J’aime pas perdre !

« Il y avait une forte proportion de catholiques. Et ils n’appréciaient pas d’être réveillés par l’appel à la prière. Alors les musulmans ont accepté d’installer une cloche, pour convier leurs fidèles. »

Nous poursuivons notre chemin en empruntant la rue de droite.
Hors circuit touristique.

Des chantiers en cours.
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Ou bien à l’abandon.



M'en fiche... Je boude !

jeudi, 15 février 2007

Jour J + 2 : Saint-Louis (Deuxième partie)

« Avant de commencer la visite, je vais faire un arrêt à l’agence de voyage. »

Mamadou nous laisse, en plein soleil, sur le bord d’un trottoir. Sur celui d’en face, le jeune gardien du campement discute avec d’autres de son âge.

« Tiens. Tu veux acheter. Regarde. C’est joli sur toi. C’est pas cher. Un bracelet. Un collier. Tiens. Prends le collier. Tu payes en euros. »

Nous remontons en voiture.

« Mamadou, pourriez vous vous arrêter à la boutique Keur Fall. »

« Pas de problème. »

La boutique Keur Fall est un magasin de commerce équitable. J’y retrouve une chemise que ma mère m’avait rapportée de son premier séjour. Je l’ai sur moi aujourd’hui.

« Tiens ! Ça ! Tu peux acheter. C’est joli sur toi. Ou alors cette tunique. Les couleurs te vont bien. Regarde. C’est pas très cher. »

Je me retourne. Pas de vendeur à portée de voix... Pas de femme, bras tendus. Ornés d’une multitude de bracelets.

Non, rien de tout cela.

Juste ma mère qui s’est fait sien le discours des marchands ambulants...

« Oui c’est beau. Non je ne veux pas acheter. C’est un peu cher. »

Nous rejoignons Mamadou. Il nous conduit au travers les rues de Saint-Louis. Une carriole et un cheval au repos sont devant nous.

Ils nous attendent.

mercredi, 14 février 2007

Jour J + 2 : Saint-Louis (Première partie)

Hôtel "Cap Saint-Louis"
Pour accueil : une grande case : l’administration. Une piscine et ses chaises longues. Un bar et sa terrasse, à l’ombre de palmiers.
La classe!

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Quoique, après une nuit dans le désert, nous aurions été pétries de gratitude devant un préfabriqué avec des sanitaires en dur !

Case N°25.
Nous suivons le porteur.
Nous nous éloignons de la piscine. NOOOON !
Nous nous approchons de la mer. OUIIIIII !

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La case est grande. La douche est immense. Les toilettes ont une lunette ! Les lits une moustiquaire.

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« Très bien. Oui merci, ce sera parfait. »

Vite une douche. Pendant que ma mère en profite, je regarde par la fenêtre.

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Clic la vue.




Nous avons temps libre. Comme les ados en colonie de vacances. Mais nous n’avons ni packs de bière. Ni jeu de tarots. Encore moins une galerie marchande où flâner et/ou draguer. Nous allons occuper notre temps comme tout adulte responsable : Terrasse, bière « gazelle » et arachides.

Ce sera notre repas du midi !
Le ventre plein, ma mère va se reposer. Je m’installe au soleil, lire. Observer aussi. Mes vêtements sèchent sur le rebord des dossiers de chaises.

J’ai chaud. Je m’ennuie. J’ai sommeil. Une heure de lecture. Mes fringues sont sèchent.


Je vais me coucher.

lundi, 12 février 2007

Jour J + 2 : Du désert à Saint-Louis (Deuxième partie)

Des baobabs. Encore et toujours. Je les pensais tout de même plus gros.
Mamadou ralentit.

« Là-bas, un baobab troué. On va s’arrêter. »

Nous approchons. Un homme. Un étal. Des babioles alignées.

medium_Sene_chronologique_66_.JPG « Dans les baobabs, on enterrait les griots. Ils ne "servaient" à rien. Ils étaient au bas de l’échelle sociale. Ils sont poètes et musiciens ambulants. Ils sont aussi considérés comme dépositaires de la tradition orale. Mais ils ne travaillent pas la terre. Alors, avant, ils n’étaient pas dignes d’y être déposés. On disait que le sol serait stérile pour toujours. La pluie serait insuffisante. Les céréales cultivées et les puits seraient souillés. Quand Léopold-Sédar Senghor est arrivé au pouvoir. Il a interdit cette pratique. Tout le monde a le droit à une sépulture. A Saly, il y a un baobab dont l’entrée est toujours protégée par une une grille car il y a encore des ossements visibles. »

Dans celui-ci, pas d’ossements. Je passe la tête à l’intérieur. Nous pourrions y tenir, debout, à dix, douze. Je reviens sur ma première impression.

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En fait, c’est tout de même un peu gros.







Nous reprenons à nouveau la route.
« Regardez. Ça aussi c’est un champ d’arachide. »

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Nous entrons dans le champ. Je suis une ignare accomplie face à un potager. Ce que je vois ne sont que des touffes d’herbe. Bien vertes.
Elles sont où les cacahuètes ?

« L’arachide pousse dans le sol. Sous la terre. »

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Ma mère prend des photos.

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Un homme qui était au loin vient vers nous. Élégant. Fier sous un grand chapeau.
Mamadou se redresse. Il lui parle. Nous lui serrons la main. C’est son champ.
Nous le saluons et partons vers la voiture.


Je me retourne. Mamadou est près du vieil homme. Il lui donne de l’argent.
Je ferme la portière.

« Vous lui avez donné quelque chose ? »

« Oui. Quelques pièces. Pour le remercier de vous avoir laissé prendre des photos. Et de nous avoir laissé entrer dans son champ. »

Tout se paye.
Tout se monnaye.
Je suis surprise.

Non, mal à l’aise.

samedi, 10 février 2007

Jour J + 2 : Du désert à Saint-Louis (Première partie)

« Une case des tout-petits. Il y en a une par gros village. Tous les enfants de moins de 6 ans, des petits villages alentours, y sont accueillis. Vous avez ça aussi en France ? »

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« Oui. C’est l’école maternelle. Qu’est-ce qu’ils apprennent les enfants ici ? »

« Dans la case des tous petits, il y a des activités pour que l’enfant puisse avoir de bonnes bases pour apprendre plus tard. Mais il y a aussi des informations sur la santé et l’alimentation. Il y a des repas complets pour les enfants des villages qui n’ont pas assez à manger. Il y a aussi des cours sur la protection (violence, accidents domestiques, abus sexuels). Les parents peuvent y assister. »

C’est pas notre école maternelle en fait !
Mamadou s’arrête. Je la prends en photo. Elle porte mon nom !



« Ça, à gauche, c’est de l’arachide. Il est déjà récolté. Ils le coupent et le mettent en tas. Ensuite, ils vont séparer les graines des herbes. »

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« On peut s’approcher ? »
Nous entrons dans le champ.

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« Regardez là-bas. C’est un calao à bec rouge. »
Mamadou pointe du doigt un acacia. Sur sa plus haute branche, un petit oiseau.

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Clic l’oiseau.




Je m’approche doucement et ...
« Pas trop près, il va s’envoler ! »
... c’est fait. Il s’est éloigné. Une autre branche. Un autre acacia.

J’avance encore. Je retarde le plus possible le moment de déclencher l’appareil. Je ne veux pas le rater. Je le veux en gros plan.
Il frissonne des ailes... je vais le louper.

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Il a posé...




Il s’envole.


Nous repartons. Des villages.
Du monde sur la route.

Des enfants dans les champs.
En bordure de bois.

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Ils gardent le bétail.

jeudi, 08 février 2007

Jour J + 2 : Le matin dans le désert

Réveil dans le désert.
Je n'avais pas imaginé le vivre un jour.

Pas très bien dormi... mais plaisir de commencer une nouvelle journée.

Quoique...
Il pleut ! J'entends les gouttes qui roulent sur la toile de tente. Tombent dans le sable. Assourdies. Ploc.

Ploc. Ploc. Ploc.

Mais, c'est qu'il pleut beaucoup.
C'est bien notre veine. La saison des pluies !
Normalement elle s'arrête en Octobre.
Nous sommes le mois suivant. Et il pleut.

Plus trop envie de sortir.

J'hésite. Je passe la tête dehors !
Le ciel est bleu !
Le soleil est là !

Alors d'où viennent les plocs?
La toile de tente est gorgée d'eau. La nuit a dû être humide. Et l'eau est dûe à la condensation.

Ouf. Je vais pouvoir continuer de perfectionner mon bronzage.

Sur la dune, accolée à la tente, des empreintes d'animaux. Je les suis du regard et ... diantre !

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Elles vont dans la tente.... Ils devaient être intrigués par les ronflements.


« Bonjour. Le petit déjeuner est servi. »
Pain. Croissant. Café. Chocolat. Nutella !

Mamadou range son tapis de prière et nous rejoint.

« Nous allons partir sur Saint Louis. Je vous dépose à l’hôtel. Vous avez déjeuner et temps libre. On se retrouvera en fin d’après midi pour visiter la ville. Nous mangerons le soir à l’hôtel. »

Une fois les valises faites, nous chargeons le 4X4.
Les dernières photos

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et nous reprenons la route avec le jeune gardien du campement et deux autres aides de camp.



Le cuisinier reste avec nos félicitations et nos remerciements.

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