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mardi, 22 mai 2007

Jour J + 5 : Visite de Toubacouta - 3

Nous arrivons face à une grille. Le Keur Bou Nat.
Nous entrons dans le jardin. Des arbres, arbustes, plantations à profusion. Je ne reconnais rien.
Nous apercevons au loin une femme. Dos courbé. Elle frappe la terre de coups réguliers. Sa peau, très noire, brille. La femme est en sueur. Elle dégouline de partout. Le trou face à elle est d’au moins 50 centimètres.

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« Elle déterre du manioc. Les racines sont profondes. »



Nous poursuivons notre chemin.

« Tu peux me passer ton appareil... je vais prendre ça. »

« Ca, c’est un bananier Nathalie »

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Oui !! J’avais reconnu... Quoique je pensais que les bananes poussaient dans l’autre sens.



« Arrêtez vous. Regardez. Elle a réussi à déterrer le manioc. »

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La femme, épuisée, pose fièrement avec ses racines. Je ne me rends pas compte de ce que ça représente. Un repas ? Des provisions pour la semaine ? Combien de temps pour que ça repousse ?

« Elle cultive ce qu’elle veut et comme ça, elle peut nourrir sa famille ou bien vendre si elle veut sur les marchés. »


Nous restons un bon moment dans ce « potager ».
Sur le chemin du retour, nous passons devant un puit. Deux femmes ramènent le seau à l’air libre. Des enfants sont à leurs cotés.

« Tiens Nathalie, donne leur des bonbons. »

Je les tends vers les enfants. Puis, le devoir accompli je repars.

« Nathalie, elles t’en réclament. »

Je regarde les femmes.
Ce ne sont pas des enfants...
Elles sont adultes !
Elles sont mères...
15 ans ? 18 ans ?
Je fais demi-tour et leur donne aussi leur part.


Je rejoins le guide et ma mère. Tout au long du trajet trois adolescentes nous suivent. Elles ne cessent de quémander. Elles sont aussi tenaces que les vendeurs. Ceux-la même que nous allons croiser.
Au bout du chemin.


« Hé. Viens me voir. Tu peux payer en euros »

Et rebelote. Je piquerais bien un sprint. Mais je ne peux pas...
Avec mes tongs je vais m’étaler par terre.
La visite a duré plus de deux heures et je suis claquée.
La chaleur me prive d’air.
Et surtout, j’ai promis à ...

Oups !
A qui ai-je promis une visite ?
C’est ballot, je ne sais plus...

« Ah, tu es là. Tu viens dans ma boutique. Tu as promis. »

« Je sais. Je n’avais pas oublié. Je viens. »

« Oui mais pas longtemps. Nous devons rentrer. »

Ma mère va de son coté. Moi du mien.
La boutique est étroite. Obscure. Pour lumières, quelques bougies. Des statuettes. Des bracelets. Des peignes. Un, de bois sombre, me plait. Mon léger arrêt n’a pas échappé au vendeur. Il prend le peigne dans sa main.

« C’est pas cher. Tiens, c’est très joli. Tu peux te coiffer. Ou le planter dans tes cheveux. Tiens prends. »

« C’est très joli mais non merci. Je regarde seulement. »

« Prends. Donne moi 10€, 5€. C’est pas beaucoup. »

« Non merci. Il faut que j’y aille maintenant. »

Je ressors de la boutique. Le vendeur me sert la main. Souriant. Je ne lui ai pourtant rien acheté. Mais il est content. Il a eu de la visite.

Le guide nous accompagne jusqu’à l’accueil. Ma mère lui donne un pourboire. Nous le remercions.
Lui et le piroguier ont alliés professionnalisme, gentillesse et sourire édenté.


Nous avons peu de temps pour le repas du soir.
Direction la case avant de retrouver Mamadou.

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