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mardi, 28 août 2007

Jour J + 9 : De Dakar à Kolda - 3

CLAAAC !

Le bruit me surprend. Un claquement. Sec. Sous mes pieds.
Je me redresse. Ce ne doit pas être grave. Nous roulons encore !
Je me retourne vers ma mère. Elle roule des yeux. Elle l’a entendue elle aussi.

Rigobert pianote sur le plafonnier.

« Où sommes nous ? »

« Nous sommes à 30 km de M’Bour. »


"Super. Nous n’avons fait que 30 km. Encore 620. A notre allure, nous arriverons dans 8h00".


Rigobert ralentit et se gare sur le bas coté. Il arrête le moteur. Descend du minibus et se couche dessous. Il se relève. S’installe derrière son volant et démarre. Sans un mot. Sans une explication.
Nous n’osons poser la question. De peur de la réponse ?


10 minutes se passent.

CLAAAC !

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Ce n’est rien. Un problème avec la climatisation. »

« Ah... c’est grave ? »

« Non, non, pas de problème. »


A nouveau 10 minutes d’un silence tout relatif.

CLAAAC !

Nouvel arrêt sur le bas coté. Nouvelle plongée de Rigobert sous le plancher.

« Et ben, on n’est pas arrivés... » dixit ma mère dans un profond soupir.
Je sors fumer une cigarette. Pas le temps de l’allumer. Nous repartons.
La moue de Rigobert ne laisse rien présager de bon !

« C’est quoi le problème ? »

« C’est la climatisation. Dès qu’on la met en marche, elle saute. On va s’arrêter dans un garage. »


1 retard.
2 arrêts de "chargement" de cousins.
2 arrêts de "sautage" de clim.
Un futur arrêt dans un garage.


Il y a des journées où il vaut mieux rester couchée...

samedi, 25 août 2007

Jour J + 9 : De Dakar à Kolda - 2

J’ouvre la fenêtre face à moi et respire les odeurs de la ville.
Agréables et douces à cette heure.
J’appréhende la suite du voyage.

Je ne cesse de me dire :
"Ne te fie pas à ta première impression".
Il est en retard ? Oui.
Il s’est excusé ? Non.
Il parle à tue et à tête ? Oui.
Il dit des choses intéressantes ? Non...

Si...
Sûrement !


Mais les mêmes que Mamadou.
On sait déjà le nom de cette colonne.
On sait déjà celui de cet arbre.
On sait aussi où se trouve M’Bour.


Il va me falloir faire de gros efforts pour me sentir en confiance et à l’aise.

De plus, les ressorts de la banquettes tentent une sortie à l’air libre...
Le moteur est plus assourdissant que celui de l’avion au décollage...
La conduite est brusque. Accompagnée de mouvements secs du volant.


Arrêt. Le jeune garçon descend. Un hochement de tête en guise d’au revoir. Nous n’auront pas entendu le son de sa voix.

« Nous allons prendre ma cousine un peu plus loin. »

Elle est là. sur le bas coté de la route. Entourée de ses parents. Voilée. Seuls ses mains et visage sont apparents. Rigobert charge son sac.

« Direction Casamance. C’est parti. »


Nous sommes tout juste sortis de Dakar.
Il reste 650 km à parcourir...
Je ne vais pas tenir. J’ai déjà envie de fumer.


Je me couche.
Le sommeil va accélérer le temps.


Quand je me réveillerai, nous serons à Kolda !

L'espoir fait, paraît'il, vivre...

mercredi, 22 août 2007

Jour J + 9 : De Dakar à Kolda - 1

5h30.
Nous sommes debout. Nous partons dans ½ heure. Direction la Casamance. C’est confirmé. Un seul arrêt : Kolda. La transgambienne n’est pas suffisamment sûre pour que nous l’empruntions jusqu’à Ziguinchor.

5h45.
Nous sommes en bas. Sur les marches de l’hôtel. Il fait bon. Encore nuit. Quelques personnes passent devant nous. Sortie de soirée ? Reprise du boulot ? Heure de la prière ?

6h00.
Notre chauffeur devrait être là. Il ne l’est pas !

6h05.
Des phares éclairent la chaussée. La voiture va doucement. Elle ne s’arrête pas. Poursuit sa route.

6h10.
Ma mère entre dans le hall de l’hôtel. Je m’allume une cigarette.

6h15.
Toujours personne. La rue est réveillée. Les petites boutiques s’ouvrent. Les hommes prennent place sur les trottoirs. L’attente devient longue.

6h30.
"P..... , j’aurais pu dormir un peu plus. Peut-être a-t-il oublié ? Peut-être a-t-il eu un empêchement ? Un accident ?"

6h40.
Des phares éclairent la rue. Un moteur se fait entendre. Ce n’est pas une voiture. Une sorte de minibus. Un avec 9 places. Comme les minibus scolaires.
HEEEEE ?~!?.#~?!#!?!?#~ ?? Je me dis...
« Ce n’est tout de même pas ça ? On m’avait dit une voiture climatisée ! » s’exclame ma mère.

Le minibus s’arrête à notre hauteur. Un enfant est assis sur le siège passager. Un homme descend. Le conducteur. Tout sourire. La main tendue.

« Bonjour. Vous êtes Marie-France ? »

« Oui c’est moi. »

« Enchanté. Je suis Rigobert. C’est moi qui vais vous accompagner à Ziguinchor et à Kolda. Donnez moi vos sacs. »



Il fait coulisser les portes du véhicule et entasse nos bagages derrière la dernière banquette.
Nous grimpons dans le minibus.
Nous avons de la place à défaut du confort.
Je croise le regard de ma mère : "Au secours !"



Rigobert s’installe derrière le volant.

« Nous allons déposer mon cousin sur la route. Et plus loin, nous prendrons ma cousine. Elle descend aussi à Ziguinchor. Elle fera le voyage avec nous. Elle rentre chez elle. »


Je ne sais quand ma mère va lui dire qu’il y a un changement de programme et pas d’arrêt à Ziguinchor. Ce dont je suis sûre, c’est que ça risque fortement de déplaire à Rigobert.


Pour le moment, celui-ci parle mais le bruit du moteur couvre ses mots.

Nous ne l’entendons pas.


Il s’en rend compte.
Cesse aussitôt son monologue.

vendredi, 17 août 2007

Jour J + 8 : Dakar - 2

Ma mère me rejoint au bar.
Nous allons à la banque. Place de l’indépendance.
Nous devons emprunter la rue Assane Ndoye. Le rue et non ses trottoirs. Ils sont tous occupés. Les hommes sont adossés aux murs. A défaut d’acacias, ils palabrent à l’ombre des bâtiments. Leurs façades sont parfois défoncées. Tout comme la chaussée. Je manque de m’étaler au beau milieu.

Nous apprenons rapidement les règles informelles de circulation. Un klaxon ? Pas besoin de se retourner. De s’arrêter. Le chauffeur prévient de son passage. A nous de lui laisser la place disponible...

Je m’amuse à faire des essais.
Aux cotés de ma mère, je me fais accoster avec elle. Je suis touriste.
Devant ou derrière elle. Je me fonds dans le paysage. Personne ne m’arrête....
En fait, je ne sais pas comment je dois le prendre. (sic)

Nous débouchons place de l’indépendance. Direction la banque. Il y fait frais.
Nous prenons un numéro. L’attente risque d’être longue. Il y a du monde.
Erreur. Nous sommes les seules au guichet de change.
Ma mère a fait le calcul. Le guichetier lui remet des liasses de billets. Prestement enfouies dans le sac et nous repartons.

« Marche derrière moi Nathalie.»

« Si tu mettais ton sac à dos sur le ventre, ce serait plus simple. »

Nous stationnons place de l’indépendance. Le temps de quelques photos.
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Seconde erreur.
Temps suffisant pour que les vendeurs foncent sur nous.


« Que veux tu faire Nathalie ? »

« Visiter »

« On va faire un petit tour. Il est déjà bientôt 14h. il fait vraiment chaud et une longue journée nous attend demain. Et nous partons tôt. »

Va pour un petit tour. Nous faisons celui de la place. Je reste un moment devant l’exposition "La mémoire en partage". Le nom de quelques tirailleurs sont gravés. Un homme m’accoste avec ses bracelets. Ses montres. Ses pendentifs. Je l’envoie paître. Il me fatigue. Il fait chaud. J'en ai marre de ces interpellations incessantes.

Ma mère est de l’autre coté. Au Café de Paris. Je la rejoins.

« On prend un verre ? »

Et rebelote pour une gazelle et des arachides.
Notre repas du midi tardif ?
Notre goûter prématuré ?
Peu m’importe. Il y fait bon.

De l’autre coté de la rue, une femme vend des arachides. Je la prend en photo.
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Ma mère revient avec deux sachets.

Nous commençons notre repas !

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