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jeudi, 31 janvier 2008
Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 6
M’Bour.
Petite place à un carrefour et son habituel acacia. Nous avons de la chance, nous sommes dans son ombre.
Des enfants tournent autour du minibus. Les mains tendues.
Notre colère difficilement contenue nous rend très certainement désagréables voire hautaines. Nous les regardons à peine.
Je m’intéresse à un couple de touristes.
Un jeune homme et une jeune femme.
Chacun chargé d’un gros sac à dos.
« Vous partez sur Dakar ? »
« Non. Nous partons dans l’autre sens, en Casamance. »
Ils vont poser leur question aux passagers d’un autre véhicule. Les occupants leur montrent du doigt un de ces bus surchargés qui rejoignent les gares routières des différentes communes. Le couple ne semble pas emballé par la perspective d’utiliser ce mode de transport.
Il y en a d’ailleurs un qui s’arrête au carrefour. Une chèvre sur son toit, au milieu de sacs, bidons et affaires diverses. Il va dans la direction de Fatick ou de Kaolack. Il vient de Dakar.
Le couple traverse la chaussée. Un autre de ces bus typiques approche. Quelques passagers descendent avant qu’il ne soit à l’arrêt. Le couple échange quelques mots en s’aidant de gestes. Des mains attrapent leurs sacs à dos et se tendent vers eux pour les aider à se hisser sur le marche pied. Le bus se remet en marche. Le couple a disparut à l’intérieur.
Nous pendant ce temps ?
Toujours à l’ombre, à attendre « l’ami » de Rigobert !
10:00 Publié dans Instants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sénégal, M'Bour, Panne, Touriste, Bus
mardi, 29 janvier 2008
Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 5
CLAC !
P..... non, ce n’est pas possible. !
CLAC !
Et bien si, ça l’est...
A nouveau ce bruit qui n’augure rien de bon.
Je regarde ma mère. Elle ne dit rien mais la danse endiablée de ses maxillaires dénote de son agacement.
Rigobert se gare une fois de plus sur le bord de la route. Une nouvelle fois, il nous fait profiter de ses pantomimes habituelles : jambes de pantalon remontées sur les genoux ; accroupissement ; disparition de la tête sous le minibus ; réapparition de la tête ; grimaces d’incompréhension, de lassitude, d’inquiétude.
Il s’écarte du véhicule, son téléphone portable à l’oreille.
Je sors fumer. Le regarde faire des gestes de la main. Il tourne sur lui, piétine, s’immobilise et recommence à gesticuler. Il raccroche et vient vers nous. L’air soulagé.
« Un ami nous rejoint à M’Bour. »
Il remonte et se glisse derrière le volant.
Nous repartons à petite allure.
Prochain arrêt : M’Bour.
Arrivés là-bas, si nous y arrivons ! nous aurons fait 83 km en un peu plus de deux heures.
Encore 555 km. A ce rythme il nous reste plus de 13 heures de route !
Au point où nous en sommes, je crois que j’aurai préféré prendre le petit coucou qui fait la liaison Dakar-Kolda. Coucou aux ailes bringuebalantes, au moteur défaillant, à l’hélice faillible, aux passagers méfiants !
16:30 Publié dans Instants | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sénégal, M'Bour, Panne
samedi, 26 janvier 2008
Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 4
Le garage ?
Un petit hangar où s’entassent ferraille et pièces rouillées.
Une voiture, une carcasse me semble cependant le terme le plus approprié ! stationne... gît (?) sur le sable, au bord de la route.
Des enfants jouent autour, dedans. Ils s’éparpillent à notre approche.
Un seul reste, ses yeux ronds fixés sur nous.
Un ado en tenue... de mécanicien ? s’approche.
Il porte des tongs, un jean tout rapiécé et un tee-shirt orné de ces indispensables tâches d’huile et autres matières indéfinissables.
Il se couche sous le minibus. Il agite sa main vers l’extérieur tout en marmonnant des propos inintelligibles. Inintelligibles sauf pour un enfant qui court dans le hangar et revient avec une sorte de fer à souder et un bout de métal.
Des coups sourds résonnent sous nos pieds.
De petites étincelles les accompagnent en rythme et rebondissent sur le sable.
Je ne suis pas fière du tout...
« Euh... il ne peut pas y avoir un risque d’explosion là ?! »
L’adolescent se tortille pour s’extraire de sous le minibus.
Il tend la main vers Rigobert.
Celui-ci relève les jambes de son pantalon, s’accroupit, se redresse. Il a l’air satisfait. Il donne quelques billets au jeune mécano.
Il remonte dans le véhicule. S’installe derrière son volant avec le sourire.
« Allez c’est parti. Et maintenant direction la Casamance. »
Nous ne savions pas encore à ce moment là que des esprits africains, quelques peu humoristes se jouaient de nous...
18:05 Publié dans Instants | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sénégal, Kolda, Garage, Panne, Mécanicien, Adolescent, Fer à souder




