samedi, 12 juillet 2008
Enfin... de retour
Je me suis enfin décidée à terminer le récit de ce voyage !
Je sais qu'au moment où j'arriverai au point final,
je n'y penserai plus,
ne m'inquiéterai plus des visites qui se poursuivent régulièrement,
enfouirai tous les souvenirs,
tournerai la page...
Mais comme dit Colette
"Tendre vers l'achevé, c'est revenir à son point de départ."
13:52 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : envie, partage, manque, sénégal
lundi, 09 juillet 2007
Jour J + 7 : Gorée - 3 - La maison des esclaves - 2
« Dans les cellules, comme celles que vous allez voir, certaines étaient réservées aux hommes et d’autres aux femmes. Celles réservées aux hommes faisaient 2 mètres 60 sur 2 mètres 60. On y mettait jusqu’à vingt personnes. Assises, le dos contre le mur. Des chaînes les maintenant au cou et aux bras. »

« Les chaînes que l’esclave portait pour aller aux toilettes... Il avait le droit d’y aller une seule fois par jour... Il régnait dans cette maison un état d’hygiène repoussant. La première épidémie de peste qui a ravagé l’île en 1779 est partie de là ! Donc, au milieu de la chaîne, un boulet. L’esclave devait le porter entre les deux mains et les deux jambes.»

« Le taux de mortalité chez les enfants étaient très élevé. Le plus élevé de la maison. Ils couchaient à même le sol, entassés, en quinconce comme dans une boite de sardines.
L’âge d’un enfant dépendait de sa dentition à défaut d’un état civil. Comme le cheval. »

« Les jeunes filles étaient séparées des femmes car elles valaient plus cher. Leur valeur dépendait de leurs seins et de leur virginité.
Certains négriers avaient des rapports avec ces jeunes filles. Quand on constatait un état de grossesse, elles étaient mises en liberté sur l’île de Gorée ou à Saint Louis du Sénégal.
C’est donc un intérêt pour elles de se donner aux négriers pour être libres... C’était, si j’ose dire, leur seule porte de salut.
La jeune fille métisse à Gorée était appelée "Signare". "Segnora" en espagnol. Elles formaient l’aristocratie à Gorée comme les créoles aux Antilles. »

« Il y avait aussi une cellule « Inaptes temporaires ». La valeur d’un homme dépendait de son poids. Le minimum : 60 kilos. Les hommes passaient par la chambre de pesage.
La femme n’était pas pesée...
Si l’homme faisait moins de 60 kilos, il était placé dans la cellule des inaptes afin d’y être engraissé.
Engraissé comme une oie.
Il l’était avec ce qu’on appelait des "Fèves des marées". Ce qu’on appelle aujourd’hui "Niébé". Des haricots de chez nous, très farineux. »

10:00 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Île de Gorée, Maison des esclaves, Génocide, Humiliation, Fierté
samedi, 07 avril 2007
Aparté
Cette note n’a rien à voir avec les précédentes.
Elle n’aura rien à voir avec les suivantes.
D’où son titre.
Loin de l’écran, j'ai réfléchis.
J’ai essayé de comprendre ce silence.
Pourquoi ? Pourquoi 14 jours sans publication ?
Aujourd'hui, je sais !
Durant ce temps, j’ai mis en relation mon inconscient et mon conscient.
[Merci CB]
Des fruits ont jaillis de cet affrontement. Je m'en suis saisi.
Aujourd’hui, je vais bien.
J'ai la réponse.
Elle est simple.
Elle est limpide.
...C’est pourquoi elle m’échappait...
Je devais aller au Sénégal.
Voyage inéluctable.
Inéluctable parce que je suis métisse !
"Issue du croisement de deux races ou de deux variétés différentes de la même espèce."
[Définition du dico français ATILF].
Je ne connaissais qu'une seule variété de l'espèce.
J’étais soumise depuis plus de 14130 jours à un régime hypo-diversitéculturélique.
Il était temps que je change d'air.
De plus, comme le dit Hannah Arendt
[Philosophe américaine d’origine allemande] :
"Pour être confirmé dans mon identité, je dépends entièrement des autres".
Alors... allons voir ces autres.
Et c'est d'elle.
Elle la reine !
D'elle dont je dépendais.
Elle a dit ce que je me refusais à entendre.
Elle m'a dit ce que j'étais venue chercher.
Elle m’a reconnue Sénégalaise au Sénégal.
C’était le but de ce voyage.
Envie de faire ma connaissance.
Envie de confronter mes deux moitiés.
Les enrichir mutuellement.
En l’espace d’une salutation, je me suis sentie légitimée dans ce désir.
J’aurais pu repartir dans la minute.
Sans regret.
Je pouvais cesser de publier des notes.
Sans regret.
Mais il y a eu d’autres rencontres.
D’autres anecdotes.
D’autres lieux.
De plus ma mère commence à le lire...
Alors il faut continuer !
Donc continuons.
Et je vais finir sur cette phrase qui appartient à je ne sais qui :
« C`est pas moi qui ai fait le voyage.
C`est le voyage qui m`a fait. »
17:36 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Rencontre, Sénégalaise, Identité
dimanche, 04 février 2007
Jour J +1 : La nuit dans le désert
Une explosion !
Le troisième temps d’un moteur à quatre...
Un éclatement soudain.
Violent.
Répétitif.
Il survient à chaque inspiration.
Il accompagne chaque expiration.
Les ronflements de ma mère doivent tenir en éveil le plus sourd des coléoptères, à 10 km du campement !
Parfois le silence s’installe.
Laps de temps pendant lequel je me dépêche de trouver le sommeil.
1...
2...
3...
Je me laisse aller...
Je m’endors.
P..... ! ?~!?.?!!?!?
Plus d’explosion...??
Plus d’éclatement...??
Pourquoi elle ne ronfle plus là ?
Ouh ouh...
Il faudrait peut-être respirer maintenant !
Waouh !! C’est reparti.
RRRRRRRR RRRRRRRR RRRRRRRR
RRRRRRRR RRRRRRRR RRRRRRRR
P....., qu’elle se taise.
Je veux dormir !
20:00 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sénégal, Désert de Lompoul, Nuit, Ronflement
samedi, 27 janvier 2007
Jour J + 1 : Du Lac au désert (Troisième partie)
« On va changer de voiture pour aller dans le désert. Avec celle-ci, on risque de s’enfoncer et de rester coincés. »
Comment ça coincés ? Dans le désert ? Avec les serpents à sonnettes ? Les scorpions et autres bêtes sauvages ? Euh, je suis en vacances. J’ai prévu de mourir dans un crash. Ça ne s’est pas fait à l’aller. Cela se fera au retour ! Mais pas là, au milieu de nul part. Si je dois mourir, je veux qu’on m’entende. Je veux que ça se sache. Je veux faire la une. Le premier titre de PPD.
« Nous sommes bientôt arrivés. »
Ouf. Il fait chaud. Très chaud et le piment agit... j’ai soif et mon ventre se fait entendre...
Les villages que nous traversons se ressemblent tous.
Des baobabs à l’entrée. Des acacias sur la place.
Des hommes sous les arbres. A l’ombre. Ils parlent. Ils nous regardent passer. Tout comme leur temps.
Des enfants. Ils courent. Après les chèvres et les moutons. Ils jouent avec des objets de fortune. Des canettes de soda. Des roues de vélo. Déjantées.
La femme. Absente. Elle est au puit. Elle est au champ. Elle est sur la route. Nous la doublons. Fierté de la silhouette. Un bidon d’eau sur la tête. Un enfant. Emmailloté sur son dos. Cambrure des reins improbable. Démarche chaloupée. Danseuse diabolique.
Le klaxon. Il interrompt la magie. Elle s’écarte. Un coup d’œil vers nous. Noir sur fond blanc. Elle reprend sa route. Après nous.
Sa pensée déjà ailleurs.
Une tâche à accomplir.
Un homme à contenter.
Un monde à porter.
Culture, valeur qui me sont étrangères.
Qui auraient pu être miennes.
Si...
Dieu que je suis heureuse dans cette voiture.
Dans le froid de la clim.
Le ventre que se tortille.
15:17 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Sénégal, Dakar, Désert de Lompoul, Désert, Femme, Diabolique
jeudi, 25 janvier 2007
Jour J + 1 : Du Lac au désert (Première partie)
Une tente mauritanienne !!
D’accord. La Mauritanie n’est pas loin. Il y a des chameaux. Il y a Nouakchott. Il y a le désert. Mais les tentes ?
Des tentes Quechua ? Des tentes trois secondes de Décathlon ? Des tentes à oxygène ?
Pour l’instant, de cet oxygène, il m’en manque !
La climatisation... Elle n’est toujours pas en marche. Il fait 50°C dans la voiture. Et je n’exagère pas !
Dans ma tête, une petite voix s’époumone. Elle hurle en direction de ma mère : "Demande la clim ! Le privilège de l’âge, tu seras écoutée. J’en peux plus." Je regarde ma mère. Je souffle. Fort. Je m'éponge le front. Essuie mes mains sur mon pantacourt. Je souffle encore. Aucune réaction...
Qu'on ne revienne pas me parler de maternage!
"OUH OUH, J'AI CHAUD! Je sue. Je me liquéfie".
« ... »
Je crois que je vais cra
« Si vous souhaitez que je mette la climatisation, vous me le demandez. Vous n’hésitez pas. »
GLOUP ?~!?.#~?!#!?!?#~ ?? Aurais-je un esprit télépathique ?
« Oui. Pourquoi pas. Qu’en penses tu Nathalie ? »
Ce que j’en pense !!
Mes neurones sont amorphes.
Mes synapses se sont liquéfiées.
Mon corps s’est ... anamorphosé...
Bien sur que je la veux cette P..... de clim.
« Oui. Pourquoi pas. Si vous voulez. »
Maintenons agréables, les relations diplomatiques entre nos deux pays.
09:00 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Sénégal, Dakar, Lac rose, Désert, Lompoul, Tente mauritanienne
mercredi, 10 janvier 2007
Jour J - 63
Des biens intentionnés m’avaient promis deux jours de frissons, accoudée à la lunette des toilettes, réactions évidentes d’un organisme qui se voit inoculer un virus. Deux jours à guetter... en vain.
Le corps écoute l’esprit. Le mien occulte le désordre qui s’opère dans ma lymphe et mon sang pour s’atteler à une toute autre tâche : compter les jours qui me séparent du départ comme fait le détenu en rayant chaque soir venu les murs de sa cellule.
J’ai peur.
09:35 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Sénégal, Voyage, Journal intime



