samedi, 02 février 2008

Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 7

L’ami ? il est venu. Accompagné lui-même par un de ses amis.

Nous avons transféré nos bagages et ceux de la cousine de Rigobert dans le coffre. Une partie du chargement a cependant dû être glissé à nos pieds... Bonjour le confort ! De plus, il n’y a pas de climatisation. En revanche, la voiture semble être en état de marche.

Croisons les doigts...
Je ne suis pas superstitieuse mais là, mes jambes sont croisées.
Mes doigts sont croisés.
Mes orteils sont croisés.
Mes fesses sont serrées et je ne cesse de répéter en silence :
« Allez, encore un kilomètre ; Allez, encore un kilomètre ; Allez, encore un kilomètre ; Allez, encore un kilomètre ;... »

Rigobert conduit la voiture comme le minibus.
Brusquement, rapidement.
Il sait que nous avons changé de programme et que nous ne faisons pas de halte à Ziguinchor.
Cette nouvelle la rendu quelque peu mécontent.
Ainsi il ne parle pas.

Ce n’est pas si mal : le silence qui règne dans l’habitacle nous permettra d’entendre le prochain Clac, ou Pfffff, ou Pschiiiiit qui égaiera la suite du parcours !

jeudi, 31 janvier 2008

Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 6

M’Bour.
Petite place à un carrefour et son habituel acacia. Nous avons de la chance, nous sommes dans son ombre.

Des enfants tournent autour du minibus. Les mains tendues.
Notre colère difficilement contenue nous rend très certainement désagréables voire hautaines. Nous les regardons à peine.

Je m’intéresse à un couple de touristes.
Un jeune homme et une jeune femme.
Chacun chargé d’un gros sac à dos.

« Vous partez sur Dakar ? »

« Non. Nous partons dans l’autre sens, en Casamance. »


Ils vont poser leur question aux passagers d’un autre véhicule. Les occupants leur montrent du doigt un de ces bus surchargés qui rejoignent les gares routières des différentes communes. Le couple ne semble pas emballé par la perspective d’utiliser ce mode de transport.
Il y en a d’ailleurs un qui s’arrête au carrefour. Une chèvre sur son toit, au milieu de sacs, bidons et affaires diverses. Il va dans la direction de Fatick ou de Kaolack. Il vient de Dakar.

Le couple traverse la chaussée. Un autre de ces bus typiques approche. Quelques passagers descendent avant qu’il ne soit à l’arrêt. Le couple échange quelques mots en s’aidant de gestes. Des mains attrapent leurs sacs à dos et se tendent vers eux pour les aider à se hisser sur le marche pied. Le bus se remet en marche. Le couple a disparut à l’intérieur.


Nous pendant ce temps ?
Toujours à l’ombre, à attendre « l’ami » de Rigobert !

mardi, 29 janvier 2008

Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 5

CLAC !
P..... non, ce n’est pas possible. !

CLAC !
Et bien si, ça l’est...


A nouveau ce bruit qui n’augure rien de bon.
Je regarde ma mère. Elle ne dit rien mais la danse endiablée de ses maxillaires dénote de son agacement.

Rigobert se gare une fois de plus sur le bord de la route. Une nouvelle fois, il nous fait profiter de ses pantomimes habituelles : jambes de pantalon remontées sur les genoux ; accroupissement ; disparition de la tête sous le minibus ; réapparition de la tête ; grimaces d’incompréhension, de lassitude, d’inquiétude.

Il s’écarte du véhicule, son téléphone portable à l’oreille.


Je sors fumer. Le regarde faire des gestes de la main. Il tourne sur lui, piétine, s’immobilise et recommence à gesticuler. Il raccroche et vient vers nous. L’air soulagé.

« Un ami nous rejoint à M’Bour. »

Il remonte et se glisse derrière le volant.
Nous repartons à petite allure.
Prochain arrêt : M’Bour.
Arrivés là-bas, si nous y arrivons ! nous aurons fait 83 km en un peu plus de deux heures.

Encore 555 km. A ce rythme il nous reste plus de 13 heures de route !

Au point où nous en sommes, je crois que j’aurai préféré prendre le petit coucou qui fait la liaison Dakar-Kolda. Coucou aux ailes bringuebalantes, au moteur défaillant, à l’hélice faillible, aux passagers méfiants !

samedi, 26 janvier 2008

Jour J + 9 : Dakar - Kolda - 4

Le garage ?

Un petit hangar où s’entassent ferraille et pièces rouillées.
Une voiture, une carcasse me semble cependant le terme le plus approprié ! stationne... gît (?) sur le sable, au bord de la route.
Des enfants jouent autour, dedans. Ils s’éparpillent à notre approche.
Un seul reste, ses yeux ronds fixés sur nous.

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Un ado en tenue... de mécanicien ? s’approche.
Il porte des tongs, un jean tout rapiécé et un tee-shirt orné de ces indispensables tâches d’huile et autres matières indéfinissables.

Il se couche sous le minibus. Il agite sa main vers l’extérieur tout en marmonnant des propos inintelligibles. Inintelligibles sauf pour un enfant qui court dans le hangar et revient avec une sorte de fer à souder et un bout de métal.
Des coups sourds résonnent sous nos pieds.
De petites étincelles les accompagnent en rythme et rebondissent sur le sable.

Je ne suis pas fière du tout...
« Euh... il ne peut pas y avoir un risque d’explosion là ?! »

L’adolescent se tortille pour s’extraire de sous le minibus.
Il tend la main vers Rigobert.
Celui-ci relève les jambes de son pantalon, s’accroupit, se redresse. Il a l’air satisfait. Il donne quelques billets au jeune mécano.

Il remonte dans le véhicule. S’installe derrière son volant avec le sourire.
« Allez c’est parti. Et maintenant direction la Casamance. »

Nous ne savions pas encore à ce moment là que des esprits africains, quelques peu humoristes se jouaient de nous...

mardi, 28 août 2007

Jour J + 9 : De Dakar à Kolda - 3

CLAAAC !

Le bruit me surprend. Un claquement. Sec. Sous mes pieds.
Je me redresse. Ce ne doit pas être grave. Nous roulons encore !
Je me retourne vers ma mère. Elle roule des yeux. Elle l’a entendue elle aussi.

Rigobert pianote sur le plafonnier.

« Où sommes nous ? »

« Nous sommes à 30 km de M’Bour. »


"Super. Nous n’avons fait que 30 km. Encore 620. A notre allure, nous arriverons dans 8h00".


Rigobert ralentit et se gare sur le bas coté. Il arrête le moteur. Descend du minibus et se couche dessous. Il se relève. S’installe derrière son volant et démarre. Sans un mot. Sans une explication.
Nous n’osons poser la question. De peur de la réponse ?


10 minutes se passent.

CLAAAC !

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Ce n’est rien. Un problème avec la climatisation. »

« Ah... c’est grave ? »

« Non, non, pas de problème. »


A nouveau 10 minutes d’un silence tout relatif.

CLAAAC !

Nouvel arrêt sur le bas coté. Nouvelle plongée de Rigobert sous le plancher.

« Et ben, on n’est pas arrivés... » dixit ma mère dans un profond soupir.
Je sors fumer une cigarette. Pas le temps de l’allumer. Nous repartons.
La moue de Rigobert ne laisse rien présager de bon !

« C’est quoi le problème ? »

« C’est la climatisation. Dès qu’on la met en marche, elle saute. On va s’arrêter dans un garage. »


1 retard.
2 arrêts de "chargement" de cousins.
2 arrêts de "sautage" de clim.
Un futur arrêt dans un garage.


Il y a des journées où il vaut mieux rester couchée...

samedi, 25 août 2007

Jour J + 9 : De Dakar à Kolda - 2

J’ouvre la fenêtre face à moi et respire les odeurs de la ville.
Agréables et douces à cette heure.
J’appréhende la suite du voyage.

Je ne cesse de me dire :
"Ne te fie pas à ta première impression".
Il est en retard ? Oui.
Il s’est excusé ? Non.
Il parle à tue et à tête ? Oui.
Il dit des choses intéressantes ? Non...

Si...
Sûrement !


Mais les mêmes que Mamadou.
On sait déjà le nom de cette colonne.
On sait déjà celui de cet arbre.
On sait aussi où se trouve M’Bour.


Il va me falloir faire de gros efforts pour me sentir en confiance et à l’aise.

De plus, les ressorts de la banquettes tentent une sortie à l’air libre...
Le moteur est plus assourdissant que celui de l’avion au décollage...
La conduite est brusque. Accompagnée de mouvements secs du volant.


Arrêt. Le jeune garçon descend. Un hochement de tête en guise d’au revoir. Nous n’auront pas entendu le son de sa voix.

« Nous allons prendre ma cousine un peu plus loin. »

Elle est là. sur le bas coté de la route. Entourée de ses parents. Voilée. Seuls ses mains et visage sont apparents. Rigobert charge son sac.

« Direction Casamance. C’est parti. »


Nous sommes tout juste sortis de Dakar.
Il reste 650 km à parcourir...
Je ne vais pas tenir. J’ai déjà envie de fumer.


Je me couche.
Le sommeil va accélérer le temps.


Quand je me réveillerai, nous serons à Kolda !

L'espoir fait, paraît'il, vivre...

mercredi, 22 août 2007

Jour J + 9 : De Dakar à Kolda - 1

5h30.
Nous sommes debout. Nous partons dans ½ heure. Direction la Casamance. C’est confirmé. Un seul arrêt : Kolda. La transgambienne n’est pas suffisamment sûre pour que nous l’empruntions jusqu’à Ziguinchor.

5h45.
Nous sommes en bas. Sur les marches de l’hôtel. Il fait bon. Encore nuit. Quelques personnes passent devant nous. Sortie de soirée ? Reprise du boulot ? Heure de la prière ?

6h00.
Notre chauffeur devrait être là. Il ne l’est pas !

6h05.
Des phares éclairent la chaussée. La voiture va doucement. Elle ne s’arrête pas. Poursuit sa route.

6h10.
Ma mère entre dans le hall de l’hôtel. Je m’allume une cigarette.

6h15.
Toujours personne. La rue est réveillée. Les petites boutiques s’ouvrent. Les hommes prennent place sur les trottoirs. L’attente devient longue.

6h30.
"P..... , j’aurais pu dormir un peu plus. Peut-être a-t-il oublié ? Peut-être a-t-il eu un empêchement ? Un accident ?"

6h40.
Des phares éclairent la rue. Un moteur se fait entendre. Ce n’est pas une voiture. Une sorte de minibus. Un avec 9 places. Comme les minibus scolaires.
HEEEEE ?~!?.#~?!#!?!?#~ ?? Je me dis...
« Ce n’est tout de même pas ça ? On m’avait dit une voiture climatisée ! » s’exclame ma mère.

Le minibus s’arrête à notre hauteur. Un enfant est assis sur le siège passager. Un homme descend. Le conducteur. Tout sourire. La main tendue.

« Bonjour. Vous êtes Marie-France ? »

« Oui c’est moi. »

« Enchanté. Je suis Rigobert. C’est moi qui vais vous accompagner à Ziguinchor et à Kolda. Donnez moi vos sacs. »



Il fait coulisser les portes du véhicule et entasse nos bagages derrière la dernière banquette.
Nous grimpons dans le minibus.
Nous avons de la place à défaut du confort.
Je croise le regard de ma mère : "Au secours !"



Rigobert s’installe derrière le volant.

« Nous allons déposer mon cousin sur la route. Et plus loin, nous prendrons ma cousine. Elle descend aussi à Ziguinchor. Elle fera le voyage avec nous. Elle rentre chez elle. »


Je ne sais quand ma mère va lui dire qu’il y a un changement de programme et pas d’arrêt à Ziguinchor. Ce dont je suis sûre, c’est que ça risque fortement de déplaire à Rigobert.


Pour le moment, celui-ci parle mais le bruit du moteur couvre ses mots.

Nous ne l’entendons pas.


Il s’en rend compte.
Cesse aussitôt son monologue.

vendredi, 17 août 2007

Jour J + 8 : Dakar - 2

Ma mère me rejoint au bar.
Nous allons à la banque. Place de l’indépendance.
Nous devons emprunter la rue Assane Ndoye. Le rue et non ses trottoirs. Ils sont tous occupés. Les hommes sont adossés aux murs. A défaut d’acacias, ils palabrent à l’ombre des bâtiments. Leurs façades sont parfois défoncées. Tout comme la chaussée. Je manque de m’étaler au beau milieu.

Nous apprenons rapidement les règles informelles de circulation. Un klaxon ? Pas besoin de se retourner. De s’arrêter. Le chauffeur prévient de son passage. A nous de lui laisser la place disponible...

Je m’amuse à faire des essais.
Aux cotés de ma mère, je me fais accoster avec elle. Je suis touriste.
Devant ou derrière elle. Je me fonds dans le paysage. Personne ne m’arrête....
En fait, je ne sais pas comment je dois le prendre. (sic)

Nous débouchons place de l’indépendance. Direction la banque. Il y fait frais.
Nous prenons un numéro. L’attente risque d’être longue. Il y a du monde.
Erreur. Nous sommes les seules au guichet de change.
Ma mère a fait le calcul. Le guichetier lui remet des liasses de billets. Prestement enfouies dans le sac et nous repartons.

« Marche derrière moi Nathalie.»

« Si tu mettais ton sac à dos sur le ventre, ce serait plus simple. »

Nous stationnons place de l’indépendance. Le temps de quelques photos.
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Seconde erreur.
Temps suffisant pour que les vendeurs foncent sur nous.


« Que veux tu faire Nathalie ? »

« Visiter »

« On va faire un petit tour. Il est déjà bientôt 14h. il fait vraiment chaud et une longue journée nous attend demain. Et nous partons tôt. »

Va pour un petit tour. Nous faisons celui de la place. Je reste un moment devant l’exposition "La mémoire en partage". Le nom de quelques tirailleurs sont gravés. Un homme m’accoste avec ses bracelets. Ses montres. Ses pendentifs. Je l’envoie paître. Il me fatigue. Il fait chaud. J'en ai marre de ces interpellations incessantes.

Ma mère est de l’autre coté. Au Café de Paris. Je la rejoins.

« On prend un verre ? »

Et rebelote pour une gazelle et des arachides.
Notre repas du midi tardif ?
Notre goûter prématuré ?
Peu m’importe. Il y fait bon.

De l’autre coté de la rue, une femme vend des arachides. Je la prend en photo.
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Ma mère revient avec deux sachets.

Nous commençons notre repas !

vendredi, 27 juillet 2007

Jour J + 8 : Dakar - 1

Le Ganalé. Rue Amadou Assane Ndoye.

La femme à l’accueil a le sourire commercial. Elle nous tend deux fiches à renseigner. La formalité effectuée, nous recevons notre clef. Nous suivons le portier.
Deux lits. Une grande salle de bain sur la droite. Une télévision. La climatisation.
Le portier nous laisse. Nous mettons tout de suite la clim.

« Bon, aujourd’hui il faut que nous fassions les comptes. Calculer ce dont nous allons avoir besoin. Aller à la banque. A partir de maintenant, il va falloir tout payer. Les repas. Les nuits d’hôtel. Le chauffeur pour les trois jours en Casamance. Il y a aussi le ferry pour traverser la Gambie. Et les bakchich. »

« Des bakchich ? »

« Oh la la, Nathalie. Tu vas voir comment ça se passe. Avec Berthe, c’était vraiment très long et il faut pratiquement payer à chaque poste de frontière. Il va aussi falloir que j’appelle le consulat. »

« Pourquoi ? »

« Pour savoir si la route est sûre pour descendre en Casamance. La touriste, à Toubacouta, tu as entendue ce qu’elle me disait. Son amie qui a été tuée. »

« Oui mais le chauffeur qu’on va avoir est de là-bas. Il n’y a pas de risque. »

« Je préfère appeler Nathalie. Si la route n’est pas sûre, on ira directement à Kolda. »

« ... »

Je prends mes affaires et vais sous la douche. Je me glisse sous le jet d’eau, habillée. Histoire de laver mes fringues en même temps.

"Qu’on aille à Ziguinchor. Que la route soit sûre.
Qu’on aille à Ziguinchor. Que la route soit sûre.
Qu’on aille à Ziguinchor. Que la route soit sûre."

Je me répète ses mots sans discontinuer.
Litanies silencieuses.

Pensées magiques de l’enfance :
"Si je retiens ma respiration jusqu’à ce que le feu devienne vert, alors j’aurai un vélo pour mon anniversaire ! Si je ne marche que sur les bandes blanches du passage pour piétons alors je vais gagner la course de demain ! Si je... Si je..."


Je sors de la douche. Mon pantalon et ma chemise gouttent sur le sol.

« J’ai appelé Nathalie. Il y a eu une attaque la semaine dernière sur la transgambienne... »

« ... »

« Je vais appeler Gomis. Il pourra peut-être me dire ce qu’il en est de la route vers Kolda. Mais ça ne sert à rien de prendre des risques. On pourra rester plus longtemps sur Kolda ou bien revenir plus tôt sur Dakar et prendre le temps de visiter. »

"P..... de B..... de M..... Ziguinchor était un peu..., beaucoup..., la seule raison ? pour moi de venir ici..."


« Tu es déçue ? »

« Non. Non. On ne va pas risquer de se faire tuer. Ce n’est pas grave...
... Je vais faire un tour
»

« Où vas-tu ? »

« En bas, au bar. »


Je traverse l’hôtel. Entre dans le bar-restaurant.


Déçue, je le suis.
Je sais qu’il n’y a rien à voir là-bas.
Je sais que je n’y aurai rien appris.
Ni sur lui.
Ni sur moi.


Mais j’aurai aimé me rendre compte que je n’avais rien à y voir, rien à y apprendre.

Rien à y faire...

lundi, 23 juillet 2007

Jour J + 8 : De Gorée à Dakar

Le ferry s’éloigne de l’embarcadère. L’air est frais, il est 8 heures. Nous avons pris le premier.

L’ennui à Gorée a précipité le départ.
Ou peut-être est-ce l’impatience de commencer une nouvelle semaine.
Sans guide. Non orchestrée.

La nuit a été correcte. Il n’a pas fait trop chaud.
Nous ne nous sommes pas donné de coups de pieds.
Ou pire, de mains.


Le dîner. Parfait.
Copieux. Trop.
Cher.
En terrasse. Au-dessus de la plage.
De petites lampes posées sur le muret qui bordait notre table. Des moustiques virevoltant. Grillant sur l’ampoule. Les survivants volaient autour de nous. Le répulsif Chellois a fait son effet. Pas une piqûre.


Nous avons pris le petit-déjeuner à l’intérieur de l’hôtel.
Nous avions demandé à être réveillées... nous avons réveillé le serveur...
Café et chocolat bus à toute vitesse.
Pour ne pas rater le ferry.
Pour ne pas faire attendre Mamadou.


Il est là. Derrière le portillon du port autonome de Dakar.
Il prend nos valises.
« Je vous dépose à l’hôtel "Le Ganalé". »


Le trajet se fait en silence. C’est la dernière fois que nous sommes ensemble. C’est bizarre. Sentiments confus. Je m’étais habitué à lui.
A sa conduite.
Ses tics.
Son tutoiement.

L’hôtel. Rue Amadou Assane Ndoye.
Proche du centre culturel français.
Proche d’une mosquée.
A deux pas de la place de l’indépendance.

Un portier nous accueille. Il prend nos valises.

« Je te souhaite une bonne fin de séjour. »
« Merci ».
Un sourire, un hochement de tête rapide. Je n’ai jamais vraiment su dire au revoir.
Je me retourne et entre dans le hall de l’hôtel. La climatisation est à son maximum. Il fait presque froid.

Ma mère remercie à son tour Mamadou.
Elle lui glisse quelques billets.

Il s’en va.


Chercher d’autres touristes.
Faire un autre parcours.

Peut-être le même...

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